← Blog
Site

Pourquoi collectionner encore les jeux PC physiques

Le patrimoine de Pixels & Machines.

Pourquoi collectionner encore les jeux PC physiques ?

Aujourd’hui, acheter un jeu PC signifie généralement l’ajouter à une bibliothèque numérique puis le télécharger.

Simple, rapide, efficace.

Mais pendant longtemps, un jeu PC était aussi un objet : une boîte, un CD-ROM ou des disquettes, un manuel, parfois une carte, une fiche de référence, un catalogue ou quelques bonus plus ou moins utiles.

Et toutes les éditions ne se ressemblaient pas.

Big Box, Slipcase, Jewel Case, Keep Case ou simple Sleeve : un même jeu pouvait être commercialisé sous plusieurs formes, parfois avec des différences importantes dans son contenu et sa présentation.

Alors, qu’est-ce qui distingue réellement ces formats ? Pourquoi certaines éditions sont-elles davantage recherchées ? Et surtout : quel intérêt y a-t-il encore à conserver tout cela aujourd’hui ?


Big Box, Slipcase, Jewel Case, Keep Case, Sleeve : quelles différences ?

Formats de boîtes PC : Big Box, Slipcase, Jewel Case, Keep Case et Sleeve

La Big Box

La Big Box est probablement le format le plus emblématique du jeu PC des années 1990.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une grande boîte en carton, parfois nettement plus grande que nécessaire pour contenir le jeu lui-même. Un CD-ROM pouvait donc disposer d’une quantité assez impressionnante d’espace libre.

Mais cette taille permettait surtout aux éditeurs d’intégrer davantage de documentation et d’éléments physiques :

  • manuel ;
  • carte ;
  • guide ou fiche de référence ;
  • catalogue ;
  • documentation technique ;
  • accessoires divers selon les jeux.

Toutes les Big Box n’étaient évidemment pas remplies à ras bord. Certaines éditions restaient très simples, tandis que d’autres proposaient un ensemble particulièrement complet.

C’est aussi ce qui les rend intéressantes aujourd’hui : la boîte ne conserve pas seulement le jeu, mais également la manière dont celui-ci était présenté et vendu à son époque.

Le Slipcase

Le Slipcase est un étui cartonné qui vient entourer un boîtier plus classique.

Il permet à l’éditeur de proposer une présentation un peu plus travaillée sans revenir au volume important d’une Big Box.

Selon les jeux, il peut s’agir d’un simple sur-étui décoratif ou d’un élément propre à une édition particulière.

Ce n’est pas forcément le format le plus spectaculaire, mais le carton est aussi la partie qui disparaît ou s’abîme facilement avec les années. Un Slipcase complet et bien conservé peut donc avoir tout son intérêt dans une collection.

Le Jewel Case

Le Jewel Case, c’est le boîtier plastique classique que l’on associe notamment aux CD audio.

Avec la généralisation du CD-ROM, il est devenu extrêmement courant sur PC.

Compact, peu coûteux et facile à stocker, il contient généralement le disque, une jaquette et parfois un petit livret.

Un jeu pouvait ainsi être commercialisé à sa sortie dans une grande boîte cartonnée, puis revenir quelques années plus tard sous forme de Jewel Case.

Le programme pouvait être pratiquement identique.

L’objet, beaucoup moins.

Le Keep Case

Le Keep Case correspond au boîtier plastique principalement associé au DVD.

Il devient courant sur PC à partir de la fin des années 1990 et surtout pendant les années 2000.

Plus robuste qu’un Jewel Case et beaucoup moins encombrant qu’une Big Box, il accompagne progressivement la disparition des grandes boîtes cartonnées.

Pour les étagères, c’était probablement une bonne nouvelle.

Pour les gros manuels, un peu moins.

Le Sleeve

Le Sleeve est probablement le format le plus minimaliste de la liste.

Il s’agit d’une pochette, souvent cartonnée, qui contient directement le disque, parfois sans véritable boîtier plastique.

On retrouve ce type de conditionnement dans certaines éditions promotionnelles, versions OEM, bundles ou distributions économiques.

Léger, compact et peu coûteux à produire.

Autrement dit : pratiquement l’exact opposé de la Big Box.


Pourquoi certaines éditions sont-elles plus recherchées ?

On pourrait être tenté de résumer la collection de jeux PC par une règle très simple :

plus c’est vieux, plus c’est cher.

Ce serait pratique.

Mais ce serait faux.

Plusieurs éléments peuvent rendre une édition plus ou moins intéressante.

L’édition

Une première édition peut être plus recherchée qu’une réédition sortie plusieurs années plus tard.

Mais l’inverse peut également se produire avec certaines éditions spéciales, limitées ou distribuées dans des conditions particulières.

Deux boîtes portant exactement le même titre ne correspondent donc pas nécessairement au même objet de collection.

L’état

Le carton ne traverse pas toujours les décennies dans des conditions idéales.

Coins écrasés, déchirures, décoloration, traces d’humidité, pliures ou autocollants sont fréquents sur des boîtes âgées de vingt ou trente ans.

Une Big Box restée en très bon état devient donc naturellement moins commune.

Le contenu

Une boîte seule n’est pas équivalente à un exemplaire complet.

Selon le jeu, l’édition d’origine pouvait comprendre :

  • le CD-ROM ou les disquettes ;
  • le manuel ;
  • une carte ;
  • une fiche de référence ;
  • des catalogues ;
  • des inserts publicitaires ;
  • une carte d’enregistrement ;
  • différents accessoires.

Et le plus amusant, c’est que l’élément manquant n’est pas forcément spectaculaire.

Une petite carte d’enregistrement ou un feuillet publicitaire pouvait très facilement finir à la poubelle dès l’ouverture de la boîte.

Trente ans plus tard, c’est parfois précisément ce petit morceau de papier qui manque pour reconstituer un exemplaire réellement complet.

La rareté… et la demande

Tous les jeux n’ont pas été distribués dans les mêmes quantités et toutes les versions ne sont pas aussi faciles à retrouver.

La langue, la région ou encore le distributeur peuvent également avoir leur importance.

Mais la rareté seule ne fait pas tout.

Un jeu peut être extrêmement rare sans intéresser beaucoup de collectionneurs. À l’inverse, un titre très populaire peut rester fortement recherché malgré une diffusion importante.

La valeur dépend donc généralement d’un mélange entre édition, état, complétude, rareté et demande.

Simple en théorie.

Un peu moins sur les sites d’enchères.


Pourquoi conserver ces jeux aujourd’hui ?

Pas uniquement pour leur valeur.

Ces différentes éditions permettent aussi d’observer l’évolution du jeu PC lui-même.

Les grandes boîtes cartonnées.

Les disquettes.

Les CD-ROM.

Les Jewel Case.

Les boîtiers DVD.

Puis, progressivement, la disparition du support physique.

La documentation suit la même évolution. Les manuels de plusieurs dizaines, voire parfois de nombreuses pages, deviennent plus courts avant de quasiment disparaître.

Aujourd’hui, une version numérique permet souvent de lancer facilement un ancien jeu, et c’est évidemment très pratique.

Mais elle ne conserve pas nécessairement tout ce qui entourait le jeu lors de sa commercialisation :

la boîte, le manuel, la configuration imprimée au dos, les cartes, les documents, les illustrations et les choix graphiques de l’époque.

Le jeu est toujours là.

Une partie de son contexte, elle, peut avoir disparu.


Documenter plutôt qu’accumuler

C’est aussi l’un des objectifs de Pixels & Machines.

Identifier précisément les éditions, photographier les boîtes et leur contenu, conserver les scans, relever les informations techniques et documenter progressivement les exemplaires de la collection.

L’objectif n’est pas simplement d’empiler des boîtes sur une étagère.

Il est aussi de savoir ce que l’on possède réellement, de quelle édition il s’agit, ce qu’elle contenait et ce qui la distingue d’une autre version.

Car au final, deux exemplaires d’un même jeu peuvent contenir exactement le même programme tout en étant très différents en tant qu’objets.

Et c’est justement ce qui les rend intéressants.